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Ecole 42 : où est l'innovation ou non ?

Dans un paysage français partiellement morose industriellement, une initiative économique privée inédite, l'Ecole 42, vient de voir le jour voulant  changer le paysage de la formation française dans le domaine des systèmes d information et des technologies associées (SI et TIC).

S'il faut au minimum sans doute se réjouir du mérite de son existence, nous faut-il pour autant y souscrire, et même la soutenir avec enthousiasme, ou nous faut-il éventuellement en contester la teneur, une possible démagogie, la critiquer voire, à l'extrême, la combattre ? Tel est l'un des profonds débats qu'ADELI, est en train de mener et d'étudier, toujours intéressée et curieuse des nouveautés et de même toujours plus vigilante envers les possibles pièges commerciaux et industriels parfois tendus... Un examen qui doit se faire certes sur l'instant mais devra aussi se faire sur la durée  moyenne et longue...

Cette initiative semble avoir pour originalité principale d'être gratuite et ouverte aux non diplômés. Cet aspect ne peut être que louable. Même si d autres établissements tels le CNAM et l'AFPA y répondaient aussi pour partie. Y aurait-il aussi absence d'un concours ? Non, au contraire : si le concours est certes ouvert au plus grand nombre, il est néanmoins des plus hautement sélectif, même si le nombre des heureux élus semble important. Les promoteurs du projet ne semblent pas perdre de vue ici leurs intérêts ?...

Néanmoins, cette initiative est, d'un autre côté, assez controversée par la plupart des établissements de formations existants, publics ou privés, et par leurs enseignants... Ce qui, vous direz-vous peut-être, est t normal, étant donné une nouvelle concurrence possible pour eux ?

Ceci dit sur le fond, les critiques enseignantes porteraient plutôt, non pas sur les aspects pratiques (enseignements, ateliers et projets), qui sembleraient plutôt raisonnablement pourvus, mais plutôt avant tout sur l'enseignement fondamental, théorique et critique, estimé insuffisant et trop tardif. Ce dernier est en effet jugé par ses défenseurs indispensable à une possible adaptation durable aux métiers et à l'évolution de carrière. Une autre critique concernerait un programme de stages en entreprises jugé insuffisant...

L'école 42 de Xavier Niel est-elle donc moins innovante et méritoire qu'elle nous l'est apparue au premier abord, et est-elle plus élitiste et sélective qu'elle ne nous le semblait ? N'aurait-elle pour seul avantage que d'être gratuite et son concours plus ouvert  en entrée ? Cela mérite en tout cas un vrai débat équilibré, divers, approfondi et parfaitement argumenté... ADELI vous y invite dans ses colonnes et sur son site. Tous les points de vue étant, comme c'est notre vocation profonde, les bienvenus.

L'article dont nous donnons ici le lien, déjà très riche d'informations, de Clara Léonard dans zdnet.fr, rapporte quelques uns des différents éléments et aspects contradictoires qui caractérisent cette expérience, partiellement innovante, qui rencontre déjà un certain succès chez les jeunes... Et à laquelle il conviendra aussi d'en retirer un bilan après plusieurs mois et années...

Sans doute, la réalité est-elle plus complexe qu'une simple jugement excusivement positif ou négatif. A vous de nous donner aussi votre avis en vous identifiant et en créant un billet sur les blogs du site d'ADELI ou en nous proposant un article plus complet pour la Lettre d'ADELI...

http://www.zdnet.fr/actualites/le-programme-de-l-ecole-42-est-il-novateur-39789665.htm#xtor%3DRSS-1

Portrait de Martine Otter
Martine Otter
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Inscription: 29/05/2008
La France manque de plombiers

La France manque de plombiers et de formations ouvertes à tous ceux, jeunes et moins jeunes, désirant apprendre le noble métier de plombier. Qui oserait critiquer un mécène qui créerait une école de plomberie ouverte à tous ceux qui manifesteraient les aptitudes nécessaires à ce métier, mais ne trouveraient pas de formation à portée de leur bourse, ou s'en trouveraient écartés pour n'avoir pas poursuivi assez longtems leurs études secondaires ?

Certes ces formations gratuites n'enseigneraient pas les aspects théoriques de la physique des métaux et ne seraient pas diplomantes mais permettraient à ceux qui les suivraient d'échapper dans un premier temps au chômage puis d'acquérir progressivement et de perfectionner les savoir-faires nécessaires à l'exercice de cette profession. Les établissements officiels de formation à la plomberie s'en trouveraient eux-mêmes dynamisés et s'emploieraient à encore améliorer le contenu de leur enseignement et à augmenter le nombre de places disponibles.

Faut-il absolument décourager les créateurs potentiels d'écoles de plomberie?