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Maria by Callas, une grande musicienne refusant d'être un robot...

https://twitter.com/Inafr_officiel/status/940948940630892544

Après une superbe exposition à la Cité Musicale, sur l'île Sequin, #MariaByCallas est un film sur l'intégrité d'une femme rigoureuse jusqu'au bout des ongles, aimante et passionnée. Une femme simple et fidèle au respect des auteurs, de la musique, du théâtre, de l'être humain et de tous ses publics.

C'est à l'actrice Fanny Ardant que revient le rôle de lire hors écran ses lettres et confidences à son professeur de chant. Choix on ne peut plus juste. A côté des déclarations orales souvent les plus sincères aux journalistes, ces confidences écrites de la cantatrice nous éclairent, nous surprennent et nous édifient. Ils réhabilitent et restituent la vérité sur l'artiste (Callas), d'un côté et sur la femme (Maria), de l'autre. Ses choix artistiques, ses choix familiaux, concernant sa santé et sa personne. Jusque même la fidélité de ses choix sentimentaux...

J'avoue que ne ne m'intéressais guère à l'opéra avant que ne soit organisée l'exposition à Boulogne-Billancourt, non loin de chez moi. Des "divas", je ne connaissais guère que le personnage de "la Castafiore" dans Tintin. Une amie et une nièce m'ont guidé vers l'exposition, vers le film, et finalement, ont contribué à changer ma vision de l'opéra et sa place dans mon coeur.

Les médias ont créé des rumeurs et bien de fausses légendes sur et autour de Maria Callas... Les journaux l'ont tantôt encensée, portée aux nues, tantôt traînée littéralement dans la boue, la faisant passer pour capricieuse.
Ses écrits, ses interviews et le témoignage des documents filmés nous démontrent bien pourtant le contraire. Ils nous montrent une femme humble dans ses propos et dans ses actes, dans ses regards aux autres, ouverte à chacune et chacun, ayant une image très simple d'elle même. Mais exigeante quant à son art, oui. Se sentant des devoirs et obligations vis à vis des auteurs des oeuvres et vis à vis du public : l'interdiction de trahir... Sans concession vis à vis du respect qu'elle estime dû à la musique. (Préférant parfois annuler une représentation plutôt que d'en trahir l'auteur et le public, même si, dans le public un peu déçu, figurait parfois un chef d'Etat, ce qu'on lui a reproché...)

Le film est aussi le portrait personnel d'une femme dont la santé nerveuse était fragile à cause du rythme et des efforts surhumains que lui demandaient, trop souvent, son activité. Dont la vie, si extraordinairement pleine, intense, heureuse et accomplie à partir de son enfance, ne durera guère beaucoup plus que 50 ans. Cette vie s'achèvera, fatiguée et malade, par une crise cardiaque à son domicile à Paris.
Une femme dont sa maman a exigé le maximum, ainsi que son premier époux et elle-même. Ce qui engendrera de tristes et douloureuses séparations. Le maximum et même au-delà de ses possibilités (humaines, physiques, émotionnelles...) Comme on l'exigerait d'un robot, d'une machine... Une femme sans concession mais dont la santé a vraiment été mise à dure épreuve.
Une femme qui a dû apprendre à mieux se respecter elle-même, à faire respecter son intégrité, son de droit de vivre en être humain, son coeur d'enfant...

Au-delà de la beauté de la musique, de l'opéra et du théâtre, un moment m'a plus particulièrement ému et bouleversé. Lorsque cette femme, qui se confie à nous comme une amie chère, par le biais des journalistes, cette tragédienne si réputée dit vouloir "toucher à tous les genres, y compris le comique". Comme l'illustre le document filmé du Gala annuel de l'Union des Artistes, au côté d'un certain clown et d'un petit éléphant farceur...

Quel lien culturel établir entre, d'une part, cette femme artiste, l'exposition qui lui est consacrée, sa discographie reconstituée, le film doumentaire qui nous restituent parfaitement sa vie, et d'autre part la problématique du rapport de l'homme au numérique et à l'organisation ? Ce lien est toujours la question fameuse du rapport entre la technique et notre humanité, simplement... La question de la place donnée à l'être humain et aux robots (ou aux algorithmiques...)
Question centrale qui nous est toujours à présent posée.

Allez voir ce film et courrez écouter et regarder les enregistrements de Maria Callas, une femme proche du 21è siècle et qui sait, bien souvent, nous montrer la droiture du chemin qu'il nous faut prendre...

(Billet de blog dédié à un de nos premiers présidents d'Adéli, toujours tellement passionné d'opéra...)

(#Hommes et Technologies)
Pierre Fischhof.